BILAN D’UN TOUR DE L’ATLANTIQUE EN COUPLE PENDANT 10 MOIS (2015/2016)

Voiler monocoque SUN ODYSSEY 39i Performance

Longueur: 11,86m.   Largeur: 3,88m

Tirant d’eau: 2m.     Déplacement: 7230kg

Capacité en eau: 355l.     Capacité en GO: 130l et 2 x 20 litres en jerrican.  Puissance moteur: 40CV

Grand-Voile: 39,6m2.   Génois: 36m2.  Spi assymétrique : 110m2

2 cabines doubles.   7 couchages possibles.   1 soute (3ème cabine)

Cabinet de toilette avec douche séparée

Cuisine bien équipée

 
Arzal – La Corogne – Cascais – Porto Santo – Madère – Les Canaries – Îles du Cap Vert – Martinique – Sainte Lucie – Béquia – Sandy Island – Cariacou – Saint Vincent – Les Tobagos – Guadeloupe – Marie Galante – Les Saintes – Monserrat – Antigua – Saint Barth – Saint Martin – Virgin Gorda – Jost Van Dyke – Anegada – Tortola – Faial – Arzal

 
Nombre de Milles: 11000M ~ 20000km

Heures moteur: 590 heures 

Nombre de nuits en navigation: 60 nuits


TECHNIQUE

Sécurité : nous avons tout le matériel de sécurité pour naviguer au delà des 60M d’un abri tel que décrit dans l’annexe de la division 240 en application depuis le 1er mai 2015. Balise EPIRB avec GPS.

Électricité: nous avons équipé le bateau de 3 batteries AGM de servitude de 115 Ah chacune et une batterie plomb de 115 Ah pour le moteur. L’intérêt des AGM est leur capacité à être rechargées fréquemment sans altérer leur durée de vie, certes leur prix est élevé mais l’avantage en justifie l’achat. Pour leur recharge nous avons un deuxième alternateur de 110A attelé au moteur, un groupe électrogène portable de 2000W et un panneau solaire de 200W. Tout l’éclairage se fait par LED, y compris tous les feux de navigation. Lumière parfaite de faible consommation.  Attention les LED dégradent largement les communications VHF et par conséquent l’émission AIS. (Voir AVURNAV durant l’été 2015). Un contrôleur de batterie est nécessaire.

Antennes: Nous avons préféré installer les antennes VHF et AIS séparément afin d’éviter les interférences entre elle: VHF en tête de mat et AIS sur le balcon arrière.

Feux de mouillage: obligatoire, nous avons en tête de mat un feu fixe et un feu flash. Ce feu est pratique pour retrouver le bateau la nuit au mouillage tant que d’autres voiliers n’en possèdent pas.
Réserve de piles: à ne pas négliger en partant. Sur certaines îles elles sont de mauvaise qualité. Il est nécessaire de les stoker dans une boîte dite étanche. Malgré cette précaution la rouille arrive rapidement.

Lampe torche puissante: indispensable en navigation de nuit ou pour reconnaître un navire navigant sans feux. Cela nous est arrivé au large de la Dominique, il s’agissait de douaniers qui nous ont contrôlés en pleine mer. Ils ont vu le nom du bateau, m’ont demandé mon nom et sont partis tous feux éteints, satisfaits.
Groupe électrogène: portable, 2000 W 220V, bien pratique au mouillage et en navigant gîté. Nous l’ installions évidemment à l’extérieur avec des cales pour compenser la gîte. Très bon fonctionnement. Nous l’avons utilisé entre autre pour faire le ménage avec un aspirateur en 220V. Il nous a également été utile dans le port de Tortola dont les prises électriques, que nous ne possédions pas, étaient aux normes anglaises.

Panneau solaire: nous en avons un souple de 200W, installé sur le bi-mini, très bon rendement lorsqu’il y a du soleil évidemment. Il compense la consommation du frigidaire. Ce serait probablement plus efficace d’avoir 2 fois 200W pour la recharge des batteries.
Éoliennes: nous avons rencontré beaucoup de voiliers qui en possédaient 1 ou 2, les propriétaires semblaient satisfait mais déploraient leur bruit et leurs vibrations. Le plus souvent ces éoliennes étaient couplées à des panneaux solaires: la plupart des skippers étaient satisfaits de l’autonomie électrique de leur voiliers.

Hydrolienne: serait un plus lors des grandes traversées, quelques voiliers en possèdent, mais leur coût reste encore très élevé.

Convertisseur 12/220V: nous en avons un de 300W, c’est peut-être un peu faible, un 500W me semblerait plus adapté. Nous l’utilisions pour recharger les appareils en 220V: ordinateur PC…
Alimentation des téléphones, tablettes...: il faut des adaptateurs prises allume-cigares 12V/prise femelle USB, nous en avons consommé un certain nombre, ils sont d’une fiabilité douteuse. Il existe des prises USB simples ou doubles en remplacement des prises allume-cigares, c’est probablement l’idéal.

Moteur: utilisé lors des manœuvres et des pétoles. Sinon nous l’avons mis en marche en navigation 1 à 2 heures par jour pour recharger les batteries, produire de l’eau chaude et faire fonctionner le dessalinisateur lorsque le bateau ne gîtait pas. Attention les moteurs n’aiment pas du tout fonctionner avec de la gîte (20°) pour des questions de lubrification. Avoir en stock des courroies, des filtres,1 ou 2 impelers de rechange. Nettoyer fréquemment le filtre d’eau de mer de refroidissement du moteur, il se colmate par des résidus de sargasses, nombreuses aux Caraïbes. En milieu de croisière faire un entretien complet soi-même ou par un spécialiste, il y en a de compétents. Bien surveiller le ventilateur d’extraction de cale moteur, le nôtre est tombé en panne en Martinique, c’est un produit de « grande consommation » (c’est le ship du Marin qui le dit) encore un produit de mauvaise qualité! Nous avons à bord un pistolet infra-rouge de relevé de température des principaux éléments du moteur, bien utile pour un diagnostic rapide et voir un éventuel point chaud anormal. Surtout surveiller la température de l’échappement au niveau de la sortie moteur. Avoir également une caisse à outils bien fournie.

Gas oil: attention à sa qualité, nous sommes tombés en panne au large de Marie-Galante. Réparation à Pointe à Pitre: vidange, nettoyage de toutes les tuyauteries. Cette panne est due à des bactéries qui prolifèrent rapidement en présence d’humidité et de la chaleur. Pour la traversée retour il est nécessaire de prendre une grande quantité de GO pour faire face aux nombreux calmes plats. Nous avons été obligés de demander du GO à un cargo qui a bien voulu nous donner 2×25 litres: vive la solidarité des gens de mer. Ne pas oublier de rajouter un anti-bactéries à chaque remplissage. Avoir en rechange plusieurs filtres à GO.

Manette commande moteur: celle-ci s’est coincée en marche arrière, gros bricolage à bord pour pouvoir utiliser le moteur au moins en marche avant. Réparation faite à Horta, mais je doute de la fiabilité. La corrosion en est la cause.
Dessalinisateur: 60l/h, nous semble indispensable pour une grande croisière lointaine et permet d’avoir une grande indépendance. Attention à sa consommation électrique, à utiliser avec le moteur. Pour la boisson nous remplissions des bouteilles directement à la sortie du dessalinisateur, sans la stoker dans les réservoirs. Cette eau est déminéralisée.

Gréement: aucun souci, néanmoins il faut surveiller la tension des haubans et plus particulièrement l’étai avec l’enrouleur. Surveiller également tous les cordages dont l’usure est rapide.
Voiles: nous avons à bord 4 voiles: une grand-voile full baten à 3 ris, un génois sur enrouleur, une trinquette sur emmagasineur et un spi assymétrique en chaussette. Emporter au départ tout le nécessaire pour les réparer: Insigna, fil, aiguilles, paumelles…

Frein de bôme: indispensable pendant les longs bords de portant dans les alizés et pour effectuer des empannages en douceur.
UV: une attaque permanente identique à la corrosion: sur les voiles, l’annexe, toutes les coutures extérieures (lazy bag voiles, capote, bimini…) il faut surtout protéger les voiles, notamment la têtière de GV et ….. aussi l’équipage !!!!!
Pilote: compagnon de tous les jours, le nôtre a toujours été fidèle et infaillible. Nous avons très peu barré lors des grandes traversées. Afin de minimiser sa consommation électrique, il est nécessaire de faire de bons réglages de réponse et de gain. Nous l’avons utilisé en mode compas la plupart du temps et en mode wind au vent arrière lors des traversées, cela permet d’éviter les empannages involontaires. Attention si batteries faibles (< 12V) il faut arrêter le pilote et les recharger.

AIS: indispensable mais avec émetteur, tout en sachant que tous les navires de moins de 300t ne sont pas obligés d’en posséder. Cet appareil émetteur récepteur devrait équiper tous les navires; ce serait une sécurité supplémentaire pour tous.

Cartographie électronique: nous possédons à bord une centrale de navigation complète RAYMARINE à la table à cartes, nous l’utilisons très peu car nous avons 2 iPad (GPS) dont un en caisson étanche et anti-choc. Chacun possède iNavX avec les cartes nécessaires et est équipé du programme permettant de recevoir les infos AIS (style radar) des bateaux autour de nous. Le fonctionnement est remarquable. ATTENTION: le balisage aux Antilles est inversé par rapport à ce que nous connaissons en Europe. Balisage A en Europe et B aux Antilles.

NAVTEX: nous en possédons un (pas indispensable) Il donne une météo générale à moins de 400M des côtes et aussi les AVURNAV.

IRIDIUM: appareil fixe ou mobile utilisant la messagerie Skyfile avec un PC. Bien utile pour adresser des messages courts et en recevoir, communiquer avec le routeur ou recevoir des fichiers GRIB par l’intermédiaire d’un PC. Pour minimiser le coût il faut utiliser un logiciel permettant de savoir si il y a 1 satellite dans la zone (Weather 4D pro) d’où une économie de temps de connexion non négligeable.  Nous avons très peu utilisé l’IRIDIUM en téléphone sauf urgences ou fêtes.Météo: reçue par le routeur lors de la traversée retour ou par Iridium avec requête auprès d’un fournisseur (NAVIMAIL). Les fichiers GRIB arrivent quasiment par retour, mais moins précis que par le routeur. Sinon il faut surveiller le baromètre en permanence. Avant de partir: télécharger des fichiers GRIB (WEATHER 4D pro, UGrib, Zygrib… sur 10 jours, tout en sachant que la fiabilité des prévisions est bonne sur 3 jours, au delà méfiance….

Routeur: il m’a semblé indispensable d’avoir un routeur pour la transat retour, c’est un plus pour la sécurité, je lui avais demandé d’éviter des vents supérieurs à 25kts, il a très bien effectué son travail même si nous avons eu jusqu’à 35kts temporairement. Je lui communiquais tous les matins par Iridium vers 05h00 nos coordonnées et la situation météo sur zone. En retour il m’adressait un bulletin météo pour les 4 jours à venir et 1 ou 2 waypoints à atteindre pour éviter les vents et mer fortes. Ses prévisions se sont avérées exactes.

VHF: nous avons à bord une fixe ASN et une portable, une des deux doit être en veille.

Baromètre: nous en avons un tout à fait standard, un baro enregistreur électronique serait bien utile, surtout pour la traversée retour.

Carénage: en faire un à mi-parcours me semble indispensable. Au Cap-Vert, en Martinique et en Guadeloupe, des plongeurs vous proposent de brosser la carène, cela n’est pas suffisant.

Rouille: fléau à combattre quotidiennement, il est probable que les constructeurs de bateaux de plaisance utilise un inox de mauvaise qualité. Tout rouille, même les fermetures éclairs de l’habillement dit de marin!!!

Mouillage: ancre SPADE de 20kg avec chaîne de 10mm de 40m plus 40m de câblot de 20mm. Ne jamais hésiter à mouiller une grande longueur et utiliser une main de fer pour ne pas tirer sur le guindeau et éviter le bruit de la chaîne en tension. D’autre part nous avons 2 ancres plates avec chaîne et câblot. Une alarme mouillage nous semble indispensable, celle de iNavX sur iPad fonctionne très bien.  Un Orin est indispensable dans certain mouillage dont les fonds sont des rochers ou encombrés par des chaînes, des épaves…

  Guindeau: appareil dangereux à entretenir fréquemment. La commande est tombée en panne rapidement, pleine d’eau alors qu’elle est donnée pour étanche!!!

Winch: un entretien préventif est indispensable avec de la graisse adéquate.

Annexe: bonne tenue en général, se salit vite. Une protection contre les UV est un plus. Pour les petites étapes,  nous la remorquions, sinon elle était pliée en sac sur le pont.

Moteur d’annexe: nous avons un 2,5CV, c’est insuffisant pour les mouillages venteux loin de la côte, le minimum serait 5,5CV. Le nôtre est tombé plusieurs fois en panne, probablement dû à de l’essence de mauvaise qualité. Avoir une cordelette de rechange pour le lanceur et une goupille d’hélice. Attention, pour un moteur 4 temps ne mettre que de l’essence 95.

Assurance: au delà des Canaries une extension de l’assurance est nécessaire.

Pavillons de courtoisie: ce tour d’Atlantique nécessite environ 25 pavillons, pas indispensables mais recommandés.

VIE À BORD:

Boisson: tout est possible même l’eau du dessal qui ne présente aucun inconvénient. Le Rhum est bien apprécié!!!

Gestion des ordures: ne jamais rejeter à la mer de produits à base de plastique. Il faut garder à bord tous les déchets non biodégradables, afin d’éviter les mauvaises odeurs nous rincions à l’eau de mer les contenants. Le tout était stocké dans la baille à mouillage.

Réfrigérateur: gros consommateur d’énergie électrique, à bien gérer. Il est nécessaire de le nettoyer et de l’entretenir fréquemment.

Toiles anti-roullis: indispensables

Température: nous n’avons jamais eu trop chaud, en revanche les températures (air et eau) baissent rapidement sur le chemin du retour.

Eau froide: bon fonctionnement en général, aucun problème grâce au dessal 60l/h. Équiper la cuisine d’une arrivée d’eau de mer, bien pratique.

Eau chaude: produite soit à quai, soit par le moteur. Bien agréable pour les douches à bord et la vaisselle.

Cuisine:

– L’avitaillement doit être fait quelques jours avant le départ pour les produits basiques, liquides et conserves: préparer ses listes, tout ranger dans le bateau avant d’être en mer, prévoir des boîtes hermétiques de toutes tailles. Installer des filets à fruits et légumes à l’extérieur.  La veille du départ, faire les achats frais: viandes, fruits, légumes, fromages, pain… Il est conseillé de partir avec quelques plats préparés pour 2 ou 3 repas, ce qui facilite le début de la traversée ( ex: cakes, quiches, ragoûts, poulet cuit…) Nous avons bien apprécié jambon fumé et viandes séchées au sel qui se gardent bien dans un sac tissu au frais. Fruits et légumes se conservent mieux dans un filet, sans s’entrechoquer, à l’air sous le bimini. Sur place, les marchés (dans les Antilles françaises, pas aux BVI où tout est sous cellophane!) fournissent produits locaux frais bien appréciés. Les super-marchés bien achalandés: beaucoup livrent dans les Marinas, mais un chariot à roulettes est à prévoir. Les emballages, cartons et boîtes à œufs devraient plus souvent rester sur le quai: les cafards et larves adorent s’y nicher. Il en est de même pour fruits et légumes qu’il est préférable de rincer. Pâtes, riz et farine ont intérêt à être mis dans des boîtes hermétiques sinon, les charançons s’invitent!

– Cuisiner. Vivre sur un bateau n’implique surtout pas de vivre en Robinson. Il est nécessaire de manger bien, sain et équilibré, même sans préparer les petits plats de la maison. Avoir sa serviette économise les gros rouleaux de Sopalin, la nappe est agréable aux mouillages mais les antidérapants nécessaires en navigation. La batterie de cuisine doit être sommaire mais adaptée: inoxydable, encastrable, manches amovibles…avec possibilité de tout fixer sur cardans. Deux feux gaz, un four sur cardan, un frigidaire sont le minimum, une plus grande cuisinière serait plus confortable. Le barbecue est convivial aux mouillages.

– Recettes: ne pas se lancer dans des recettes compliquées, on peut innover tous les jours (salades, poissons crus, tartes, pizza, crêpes….) même pendant les traversées où il est souvent plus pratique de privilégier les plats préparés, pâtes et riz à toujours améliorer!! Le bon pain se fait facilement.

WC: fonctionne très bien si l’on y fait attention (papier toilette pas trop épais!), avoir un lot de pièces de rechange est nécessaire.

Réservoir eaux noires: certains mouillages obligent à l’utiliser. Attention, pour ceux qui veulent se rendre au US c’est obligatoire dans une bande côtière de 3M.

Gaz: contrairement à ce qui nous avait été dit, le gaz se trouve partout notamment les petites bouteilles bleues. Aux Îles du Cap Vert ces bouteilles sont remplies par les Capverdiens mais le gaz est de bonne qualité.

Tourisme: très facile partout: taxis collectifs, bus, location de véhicules ou 2 roues motorisées avec ou sans guides locaux.

Habillement: dans les Caraïbes aucun problème, prévoir des tenues légères. Par contre nous avons été surpris par le froid pendant le retour….!

Ordinateur: nous avions à bord un PC standard pour la connexion Iridium avec Skyfile pour la messagerie et Navimail pour les requêtes de fichiers météo GRIB. Il nous servait également à connecter nos disque durs pour la sauvegarde des photos et films. Avant notre départ nous avions scanné tous nos papiers importants (CNI, Passeports, cartes Vitale…)

Livres nautiques: 3 livres indispensables pour cette croisière: Routes de grandes croisières (Jimmy Cornell) Îles de l’Atlantique (Vagnon) et guide des Antilles (Patuelli).

Prévoir une bibliothèque importante de livres et/ou une liseuse et des films.

Musique: beaucoup de musiques à bord sur nos smartphones et clefs USB reliés à un auto radio avec 2 hauts parleurs dans le carré et 2 dans le cockpit. Des écouteurs individuels semblent appréciés.

Photos: avec les iPad, Go pro et appareils standards. Nous sauvegardions nos photos sur un disque dur externe.

Blog : pour mettre en haleine famille et amis. Il faut avoir une bonne connexion Internet pour pouvoir l’alimenter. 4800 personnes, de 40 pays différents, l’ont regardé soit environ 22200 pages!

Internet: la plupart des ports en sont équipés, sinon les bars ont un accès Wifi par mot de passe ou libre.

Santé: nous sommes rarement malades en bateau, la mer est un milieu sain, sans bactéries ni virus mais elle ne met pas à l’abri des bobos bénins, brûlures ou accidents. Il est nécessaire de prévoir des boîtes hermétiques et étiquetées de produits pharmaceutiques basiques (liste obligatoire) et personnels. Il est recommandé de pouvoir joindre un médecin (famille, amis ou le CCMM de Toulouse). Mis à part les traversées, nous ne sommes jamais loin d’un médecin, au port, dans les villes et villages ou à bord d’un bateau voisin.

Mal de mer: Fléau de beaucoup de marins, même des plus grands. Quand il commence, il est difficile de s’en débarrasser, mais Catherine qui l’a toujours eu est maintenant complètement amarinée. Durant cette longue croisière, elle n’en a pas souffert, même pour faire la cuisine…! Non, ce n’est pas que dans la tête, l’amour de la mer et la confiance dans le skipper sont primordiaux et aident à s’amariner en 2 ou 3 jours. Il faut savoir s’aider de produits médicamenteux ou homéopathiques et surtout respecter la règle des 4 F: Fatigue, Faim, Froid, Frousse. La position allongée ou une activité restent à privilégier.

Clearance: procédure administrative coûteuse. Il s’agit d’informer un pays de l’entrée d’un bateau et de son équipage sur le territoire; à la sortie il faut faire la même procédure. Nos amis les Anglais qui possédaient la plupart des îles Antillaises sont champions de la lourdeur procédurale. Néanmoins il n’est pas recommandé de ne pas la faire.

Pêche: nous avons été très mauvais, nous ne savons pas pourquoi. Je prétends que l’anti-foulling érodable en est la cause: à éclaircir!!
Les regrets: ne pas avoir pris suffisamment de temps pour visiter toutes les îles des Canaries et ne pas être passés à Grenade.
Cette longue croisière nous a remplie de joie tant au point de vue navigation, tourisme, rencontres… Jean-Philippe y a pris goût et repart fin octobre faire une traversée est-ouest….pour convoyer un bateau ami.

La préparation du bateau nécessite donc un soin tout particulier et méticuleux.

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Merci

Je ne peux quitter le blog sans remercier tous ceux qui nous ont permis d’assouvir ce beau rêve.

À toi mon Jean-Philippe qui m’as fait confiance pour m’emmener en bateau (au sens propre du terme)

À Mathilde et Alexandre qui nous ont poussés à partir: « après, vous serez trop vieux, les parents » et on dit que la vérité sort de la bouche des enfants….! Oh, nous nous sentons encore jeunes!

À toi, Mathilde, tu as été à l’initiative du blog et tu m’as appris, avec beaucoup de patience, à publier et envoyer les articles.

À toi Alexandre, tu as trouvé le bon site pour joindre très facilement les photos pour rendre ce blog plus vivant.

Un grand Merci à Monique, ma gentille belle-mère, douce Bonne-Maman qui nous a suivi quotidiennement, traçant notre route sur sa carte d’Atlantique: elle a fait avec nous une traversée tout à fait virtuelle.

Un grand Merci à Patrice, Mathilde, Chantal et Christophe, Emmanuelle et Hervé, Martine et Claude, Sylviane et Denys, Dominique, Catherine et Jacques, Alain et Brigitte, François M, Alexandre et Héloïse, Catherine et François , Anne et François, nos chaleureux équipiers qui nous ont donnés beaucoup de plaisir et à tous les « bato-copains » pour les bons moments d’échange et d’amitié qui perdureront.

Un grand Merci à vous tous qui nous avez gâtés de commentaires, de mails et de pensées. Tout cela nous faisait « chaud au cœur », vous étiez le fil qui nous reliait à ce que nous avions laissé.

Et enfin à toi India Trane qui, avec le pilote, nous as permis de réaliser si sereinement cette belle Odyssée.

C’est fini…

Et bien oui, nous voilà rentrés depuis 10 jours, nostalgiques déjà mais contents d’avoir retrouvé tous ceux qui nous manquaient et tellement heureux d’avoir assouvi un joli rêve, projet qui nous tenait à cœur et réalisé à bord d’India Trane, que nous avons tant apprécié. Oh, cela va me manquer de ne plus écrire….! Ce blog a été mon journal, un carnet de route pour fixer nos souvenirs, partager l’aventure avec nos proches, donner des nouvelles… Mais je ne peux le quitter sans y avoir donné mes impressions finales de notre Odyssée.
C’est une « escapade » tout à fait réussie, un vrai plaisir de vivre sur son bateau pendant 3 semaines malgré un confort différent de celui de la maison, mais le « jardin » est tellement grand et n’a besoin d’aucun entretien si il est respecté..!! Cet océan chaud nous appelle pour aller y barboter ou nager en nous donnant régulièrement un spectacle de fonds marins si apaisants ou de ballets de poissons-volants ou nageant, de cétacés tranquilles ou joueurs, de tortues, de vagues mouvantes toujours différentes…

Évidemment nous avons connu des moments plus difficiles en traversées: vie avec gite, roulis ou tangage, chahut de la grosse houle, bruits continus, coton dans la brume ou le brouillard humide, vent fort, météo pas toujours gracieuse…ce qui nous faisait doublement apprécier les bons rayons du soleil, la mer plus calme, les nuits éclairées d’étoiles et de la lune. Notre corps y a très bien résisté, nous sommes rentrés sans casse ni gros bobo. Nous n’avons pas plus eu le mal de terre que le mal de mer, même si les premiers jours en rentrant, nous nous sommes réveillés:  » ça ne bouge pas » ou  » je n’ai pas mis les feux de route ». Nous n’avons connu aucun ennui majeur avec le bateau, contrairement à d’autres équipages rencontrés. Ménage et entretiens réguliers ne sont pas des contraintes: merci et bravo à Jean-Philippe qui avait l’œil sur tout quotidiennement: visser, graisser, coudre, vérifier voiles, gréement, moteurs…sur un bateau bien préparé.

Ce qui est formidable, c’est de vivre avec la mer, ses couleurs bleues ou vertes tellement merveilleuses, son état apaisant ou très dynamique quand elle se déchaîne! C’est aussi l’occasion de faire des rencontres de « bato-copains », d’avoir d’autres contacts humains, de découvrir d’autres pays et façons de vivre , de se retrouver plus près de la nature avec une grande simplicité dans les relations. Nous apprenons aussi à gérer imprévus et soucis, à vivre au ralenti: le temps passe vite à un rythme lent! Nous sommes plus disponibles pour rencontrer, échanger, discuter, lire, jouer, partager, profiter des invités d’une manière simple. Le bateau est un vase clos dans lequel nous devons quelquefois faire des concessions, gérer les tensions, mais aussi vivre une plus grande complicité, épargner l’autre et partager.., car dans ce petit univers, qualités et défauts sont exacerbés. Enfin entre Jean-Philoppe et moi, les étincelles n’ont allumé ni feu, ni mutinerie…., mais une plus grande connivence.

Trois points forts m’ont impressionnée: – la solidarité des gens de mer, amis ou inconnus à bord de leurs voiliers ou d’un cargo, à quais. Il y a toujours quelqu’un pour aider, réparer, plonger, conseiller.. sans attendre de retour. – La puissance des quatre éléments: la terre si changeante, luxuriante ou désertique, la mer qui nous berce où nous porte, le soleil qui nous chauffe, le vent qui nous a poussé durant 12000 miles soit 20.000km! – Mais aussi le pilote automatique, engin magique qui a assuré tous les quarts, de jour comme de nuit quelque soit l’allure du bateau.

Vous nous demandez ce que nous avons le plus apprécié ! Difficile de dire quel était le plus beau mouillage, le plus beau souvenir… Nous recherchions des coins calmes ou sauvages, alors oui nous avons aimé Marie- Galante, l’isolement de Benures dans les Îles Vierges…. Mais nous avons aussi aimé les marchés aux poissons ou des doudous, les fonds coralliens, même Les Saintes si touristiques….(il suffit de chercher une baie « moins courue »).Nos yeux sont gourmands et apprécient des dégradés de bleus et verts dans cette si belle mer devant des paysages toujours différents. Les traversées vers Madère, les Canaries et le Cap Vert nous ont réjouies, même si naviguer dans ces îles volcaniques peut être plus compliqué: vent fort, peu de mouillages ( trop de profondeur), mais déjà grand dépaysement. 

Nous avons regretté le mauvais temps aux Açores où nous n’avons rien vu ce qui nous donne très envie d’y retourner. Nous avons été un peu déçus par les communications compliquées (trouver les connections wifi, prix des communications téléphoniques ou satellitaires), peut être l’avions nous mal appréhendé? Et puis, frustrés aussi par notre si mauvaise approche des poissons….!

Ces dix mois pour ce tour d’Atlantique ont passé très vite. Nous avons rencontré beaucoup de couples avec jeunes enfants, de retraités qui partent comme nous ou plus longtemps (tour du monde) ou en quittant tout. Partir, ce n’est pas une fuite mais une quête d’espace, d’indépendance, de navigation, de vie différente…

Nous avions ce projet de partir pour revenir dix mois plus tard. Bien sûr, nous n’abandonnerons pas India, nous continuerons à naviguer, à faire du cabotage en Bretagne qui est un coin de paradis pour la voile. Pour le moment, pas d’autre projet de grande navigation, nous allons briquer India (qui est déjà presque prêt à repartir), donner plus de temps à Mathilde, Alexandre et Héloïse, à la famille et aux amis et embellir notre nouvelle maison.

Mais maintenant nous ne voulons pas retomber dans le fou tourbillon de la vie à terre. Nous souhaitons continuer à vivre dans le même état d’esprit: rester zen, gérer les soucis sans précipitations, avoir des relations vraies et simples avec tous en profitant des « bonnes choses » de la vie, puisque nous sommes en  » grandes vacances »…. prêts pour d’autres aventures.

Le plancher des vaches

Nous y voilà, sommes bien rentrés fatigués mais heureux dans l’écluse puis au port d’Arzal. Le retour à la maison a été très sympa entourés de nos enfants et quelques fidèles.  

 Nous avons bien dormi dans notre lit, réveillés en pleine nuit, rien ne bougeait!!!

Nous ferons dans quelques temps le bilan de ces 10 derniers mois.

Merci à vous tous de vos petits mots affectueux et Vive la Mer, nous avons déjà la nostalgie de la belle turquoise…..!

La boucle est bouclée.

Ce lundi 13 juin, nous partons d’Horta frustrés de n’avoir rien vu des Acores, en ayant uniquement déambulés sur les 500m de quais couvertes de bandes dessinées… Vers 14h30 après un bon déjeuner, miracle, le temps change, le ciel se déchire quand nous passons devant le volcan Pico culminant à 2351m sur l’île du même nom. C’est peut être lui qui attirait brume, bruine et brouillard depuis une semaine. Ah, il porte bien son nom ce Pico.  

  Sommes ravis, grand largue, 10/15 nds de vent, nous filons à plus de 8 nds, avec 1 ris dans la Grand Voile et le Génois entier, nous démarrons bien.  

  Mais, horreur, JPh n’arrive pas à envoyer notre position/message au routeur: l’Iridium ne fonctionne plus pour envoyer les messages! Il réfléchit avec Alexandre au téléphone et après beaucoup d’essais, il se rend compte que la connection avec son micro ne se fait pas..! Encore un problème de corrosion…! Ouf, un bon coup de pschit de nettoyant pour les équipements électriques/électroniques et les messages peuvent repartir…

Le 14 juin, nous continuons à zigzaguer entre les îles des Acores. Le beau temps est reparti, le gros brouillard de la nuit s’est levé mais il fait gris, frais. Vent de travers 15 nœuds qui va forcir toute l’après midi: 2 ris, nous roulons le génois de plus en plus, 3 ris, ça monte…toute la nuit à 7/8 nds, je dors mal pas comme JPh (il est comme une poupée, il se couche et hop, il dort!!).

Le 15 juin, 20 nds de vent. Toujours gris, la mer est forte, India escalade les vagues au près et retombe: boum. Ça cogne, ça bouge, on gîte… mais on file! Je passe 10 minutes dehors pour « prendre l’air ». La position la plus confortable est l’horizontale, j’y reste une grande partie de la journée à rêvasser ou lire…., heureusement il reste encore des petits plats préparés à Horta. Le vent baissera en fin de nuit et je dors BIEN. 

Le 16, la mer est agitée, nous avançons bien, 6/7 noeuds avec un vent irrégulier. Le ciel s’éclaircit. Je lis 1h dehors couverte comme l’hiver à la montagne!!! Nous finissons les denrées fraîches: salade, tomates, poulet. Je prends mon quart sous une belle nuit étoilée, 18 noeuds de vent qui mollira…nous finirons au moteur. Bizarrement, avec son ronron régulier, il me berce bien, je prends mieux le rythme, je couche pourtant à l’arrière, « la tête dedans ».

Le 17, la mer est toute calme avec une houle longue, le ciel gris, le vent léger (moins de10 nœuds ). Le routeur nous annonce 4 jours de grand calme…même au moteur, nous n’avançons pas vite. Les enfants s’impatientent  » vous arrivez quand? ». Je profite de ce répit (le bateau est presqu’à l’horizontal) pour faire quelques rangements. Nos trois « nids » de repos sont toujours préservés: à l’avant en travers, dans le carré et dans la cabine arrière, nous avons le choix pour nous reposer.

  JPh bricole: il graisse le winch électrique qui couinait trop, répare le fil corrodé sur le feu rouge bâbord avant. Étant donnée notre petite vitesse, nous tentons la pêche qui pourrait améliorer les conserves…! Et zut 14h30, le vent est parti se coucher: moteur, nous ne sommes plus qu’à 3,5nds et nous dansons sur la houle. Le soleil arrive à percer timidement les nuages, je lis dehors, JPh fait la sieste, ciel bleu-gris, mer sombre. Le vent fera ainsi quelques brèves apparitions, nous en profitons toujours au maximum; car nous surveillons la jauge de gasoil!! Mais la nuit sera au moteur. Nous commençons à rencontrer des chalutiers espagnols qui pêchent à 400 miles des côtes!

Le 18, vent annoncé 5/7nds, autant dire rien! Gros avantage, il y a le plein d’eau chaude et j’en profite pour une bonne douche/shampoing. Moteur toute la journée…sur une mer d’huile, avec une réverbération importante l’après-midi qui me donnerait envie de me baigner, moi qui suis couverte comme un oignon avec 5 couches…! Mais non, l’eau est à 12,6°, vraiment plus assez, même pour moi! Le soir, nous trinquons avec Eole qui revient nous voir: toute la voile pour le dîner! Puis plus rien pour la nuit… Mais quand va t-on arriver? Denys a confirmé une météo « pas terrible ». Le moteur me berce jusqu’à 4h!

Le 19, réveil sous un ciel gris. Nous sommes vent arrière, secoués, nous avançons bien sous grand voile seule. Le génois ne savait plus de quel côté aller et battait… C’est dimanche, nous nous offrons un très bon cassoulet du Périgord et du pain frais maison! Le soleil vient nous chauffer toute l’après midi avec coucher de soleil et lever de lune….supèèèrbes. Nuit magnifique, ciel dégagé, pleine lune, on y voit comme en plein jour. Mais l’humidité est impressionnante….forcément, aucune couverture nuageuse! Aucun bateau non plus, serions nous seuls sur cette mer immense? 

  Le 20, bon espoir, il reste moins de 500 milles, autant dire que nous sommes arrivés.Patience, Sécurité et Prudence..nous misons sur samedi matin. Mer noire, température fraiche, grosse humidité, vent arrière de 15 noeuds… Nous empannons deux fois par jour pour ne pas nous écarter de la route mais avec le frein de baume, un jeu d’enfants….! Nous ne regrettons aucunement cet achat. 

  Par contre, je regrette ce temps de mèè…, après le gros vent, le pas de vent, le vent arrière balançant, voilà maintenant le brouillard « brumisant ». Il n’est que 15h, nous ne voyons plus rien; mais « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu… », c’est ce que je vais regarder sur l’IPad. A 21h, idem, le vent est tombé, il pleut, le brouillard revient, moteur pour la nuit? Veille accentuée. Pas le même spectacle qu’hier! Incroyable, on est à la latitude de Chapchinies, il neige là bas?

Le 21 après toute la nuit au moteur, horreur, le routeur nous annonce si peu de vent! La bruine est toujours là, la mer est belle mais le moteur ronronne toute la matinée, aidé très légèrement par les voiles au grand largue, le gasoil ne sera pas suffisant jusqu’à Arzal. Le moral baisse, ne pas se laisser abattre, les enfants nous écrivent des mails superbes et encourageants…. Alors bien se restaurer est important, je m’y applique…! Et l’après midi, spi de 15 à 21h, magique voilà 6h d’économiser pour le Gasoil avec un temps plus clair. Mais un brouillard très dense arrivera avec la nuit. Impressionnant, on ne voit RIEN. La veille est fatigante, guetter la moindre lueur, nous sommes sur la route des cargos, un se détourne, l’AIS heureusement nous aide, mais tous les bateaux ne l’ont pas! Quel retour épouvantable!!!

Le 22, le brouillard et la brume continuent de s’inviter, visibilité nulle. Il y a des cargos partout, c’est angoissant: nous les voyons sur l’AIS mais pas sur l’eau. Dehors, le bateau est trempé, poisseux et « pas clean »! Pas un poil de vent pour favoriser une embellie. En se levant de sa sieste, Jean-Philippe continue ses calculs. Non, il n’y aura pas assez de gasoil, il nous faut du vent ou une pompe…!                                       Je reprends mon journal cinq heures plus tard: mais oui bien sûr, je pense à toi Hervé: il y a plein de pompes tout autour de nous. Ces cargos fantômes pourraient nous ravitailler.!  

  
Jean-Philippe se moque, tant pis, j’essaie..! J’appelle à la VHF sur le 16. Le premier ne répond pas. Je veux y croire et fais un appel à tous et j’entends Yes, India, you need help?. Ça alors, je suis toute émue pour raconter dans un anglais que tous les étrangers comprennent que nous n’avons pas de vent et pas assez de gasoil pour rentrer en France, « Pouvez-vous nous aider? ». Et j’entends wait puis no problem. Après une courte discussion, ce Norvégien nous explique qu’il va se dérouter, arrêter son bateau, qu’il nous lancera un bout sur lequel sera attaché un jerrycan…. Les gens de la mer sont fabuleux: incroyable, nous ne voyons pas ce bateau de 120 mètres, dans un brouillard dense et il accepte un détournement de plus de 10 milles…. Il nous envoie de son ventre latéral un puis deux jerrycans de Gasoil. D’ailleurs, nous aurions peut être dû accepter le troisième car le Gasoil de l’un est noir…( si ce sont des bactéries, nous avons déjà donné…. JPh ne le met pas dans le réservoir). Finalement, tout s’est très bien passé. Nous échangeons encore sur la VHF en remerciant et il terminera la discussion par You are welcome et Have a good Day.….  

 Un grand Merci au Capitaine du Vérona, à son équipage, à Jean-Philippe qui a fait une manœuvre magnifique pour se rapprocher de ce monstre et aussi à Eole « qui dormait » en ayant laissé la mer toute lisse. Je suis ravie et fière aussi de mon détournement réussi! C’est vrai, il y a « des petits bonheurs » tous les jours, dans la purée de pois aussi. Le moral remonte, même avec peu de vent, nous arriverons à Arzal en bateau et pas à la nage! La magie continue d’opérer: le brouillard se lève, le ciel se déchire et nous assistons tout l’après-midi au ballet des cargos et paquebots sur une mer d’huile. Il y en a partout autour de nous: mieux vaut traverser cet autoroute le Cap Finistère – Brest de jour et sans brouillard!
La journée se termine au moteur avec les dauphins qui viennent nous saluer. La mer est plate, une longue houle se forme. Nos yeux sont fatigués et nous commençons les quarts plus tôt. Le vent se lève vers 1heure: il faut se réhabituer à dormir en gîtant au près, mais du vent, c’est super pour terminer en beauté!

Le 23, nous filons au près, un ris dans la grand voile et génois mi-roulé: mer agitée et noire, ciel moche mais bon vent au près. Arzal approche et Jean-Philippe, fatigué et frigorifié, ne cesse de se demander comment il va se familiariser avec ce climat!!!!. D’ailleurs, ce retour n’a plu rien de romantique: l’un se lève, l’autre va se coucher, c’est la « couchette chaude »… Après ma sieste, ciel et mer ont bleui, India file à toute allure, il est pressé de rentrer le vent adonne; nous gîtons moins, enfin, c’est relatif: pour écrire des messages ( avec l’Iridium), je suis toute tordue! 

Nous fêtons sans doute notre dernière soirée en mer, beau coucher de soleil, la mer est formée mais nous dansons sur les vagues à 7/8 nœuds malgré une prise de 2° ris pour la nuit, il y a 18 nœuds de vent. La lune nous éclaire, la mer est truffée de chalutiers espagnols: 9 autour à éviter de nous, mais ils nous prennent tous nos poissons…! Quelle belle dernière navigation. Pourtant, la veille est dense; fatigués, nous continuons nos quarts de 2h. Même durant mes « temps morts », je n’arrive pas facilement à dormir…
 Le 24, en me réveillant: Belle Île, au loin, éclairée par un bon soleil et un ciel clair : merci pour cet accueil, la Bretagne a mis une belle robe pour nous attendre, dans des tons de vert que nous avions oubliés. Voilà, nous sommes presqu’arrivés, heureux, malgré cette météo peu grâcieuse dans cette traversée pleine d’embûches mais de rebondissements favorables. Nous serons à l’heure au rendez-vous à l’écluse demain 11heures.

  
 

BRAVO ! Ils l’ont fait ! 

Terre en vue ! Ca y est les voilà ! Oui oui c’est eux, ils arrivent ! 

Après de nombreuses heures de moteur, sous la pluie, dans le froid… :
RDV SAMEDI 25 JUIN AU PORT D’ARZAL-CAMOEL (56) A L’ECLUSE DE 11H ! 

(À confirmer par message pour ceux qui viennent)

Nous ferons un pique-nique au port ou à la maison à Herbignac (44), selon le temps. Nous ouvrirons les bouteilles pour vous et vous laissons apporter de quoi vous restaurer. 

Nous continuerons la fête dimanche après midi après une bonne nuit de repos samedi soir.

À samedi ! 

Mathilde 

(toujours joignable au même numéro pour adresses et cie)

Place à la fête ! 

Ils vont le faire et espèrent ne pas arriver seuls ! 

Venez nombreux le week-end du 25-26 juin à la maison à Herbignac ou au port d’Arzal pour fêter le retour de nos marins !!! 

Ils seront les plus heureux du monde de tous nous retrouver, à terre, pour nous raconter leurS épopéeS, nous embrasser et boire un verre bien entourés. Alors notez sur vos tablettes, c’est pour bientot ! 

Pour cause de pétole, l’arrivée sera « surement » samedi 24. Comme dit le capitaine, « le bateau ce n’est pas la SNCF ». Confirmation milieu de semaine prochaine. Patience !

Mathilde et Alexandre 

(Pour l’organisation, Mathilde : 0629375410)

« Nous revoilà »

Avons pris la décision de rentrer sans attendre une trouée bleue! Trop lassant de ne voir Horta que sous la brume dense et la bruine incessante et mouillante, trop fatigant aussi de vivre dans une humidité ambiante et pénétrante ( bateau et vêtements), surtout après avoir eu d’autres habitudes… Un bateau, qui plus est n’est pas fait pour rester au port…! La météo-vent est bonne, le routeur est d’accord. Donc nous partons demain lundi après déjeuner.

Il nous tarde aussi de vous revoir tous. Si tout va bien, nous passerons l’écluse d’Arzal dans le milieu de la semaine, 22, 23 ou 24 juin avec punch ou planteur. La table à la maison sera également ouverte tout le week-end du 25/26 pour fêter 10 mois de mer avec tous ceux qui nous feront le plaisir de pouvoir venir.

Mathilde (06 29 37 54 10, midi ou à partir de 18h en favorisant les SMS) et Alexandre auront nos positions quotidiennement et pourront à votre demande vous donner plus de précisions en affinant jour et horaire de rentrée à Arzal.
Nous préparons donc l’avitaillement, cakes salé et sucré, une cocotte de poulet, jambon, riz…car il nous reste un grosse étape, au près sans doute, pour passer le Cap Finistère et le golf de Gascogne. Le bateau se range, il y a encore un peu à faire…pour tout caler. Mais les vêtements chauds, bottes, bonnets…sont tous sortis. 

 
Nous n’avons pas pu moderniser les traces de CHARLOTTE, bien usées en 2 ans mais avons retrouvé celles de TARA et de FLEUR de SEL, 3 bateaux amis; le sol est trop humide pour faire de la peinture…, leur durée de vie dépend de la peinture, de l’endroit et de la nature du revêtement. 

  Vous aurez de nos nouvelles sur le blog pendant cette traversée d’une dizaine de jours, Mathilde va prendre le relais, merci beaucoup à elle.

A bientôt donc pour la « dernière mi-temps »… avec vous tous?

Catherine, Jean-Philippe et India Trane.

Horta

 Nous sommes arrivés à Horta, sur l’île de Faial aux Açores dimanche midi, dans un port « plein comme un œuf », avec un bon accueil aussi bien dans la Marina que près de la multitude de voileux internationaux.

 Horta est le quatrième port de plaisance le plus actif au monde, point d’atterrissage favori des plaisanciers après une traversée de l’Atlantique, offrant de très bons équipements et services aux bateaux qui ont tous besoin de soigner une petite ou grosse avarie. Le mécanicien qui est venu sur India ne parlait pas Français mais nous nous sommes bien débrouillés en Anglais. Même si il n’a pas tenu ses engagements horaires, il n’est venu que le mercredi (Le jour où il faisait presque beau), il a été parfait pour dépanner la manette-commande qui n’était que mangée par la rouille intérieurement. Ouf, au départ, il pensait que c’était cassé et il n’avait pas la pièce en stock…. Trois heures de travail avec son ouvrier lui ont suffi pour qu’India soit manœuvrant. Super, d’autant que la facture n’était pas du tout française….

Horta, c’est aussi une grosse bourgade toute en longueur sur le front de mer avec des boutiques peu voyantes, sans vitrine, dans des maisons particulières, un petit marché artisanal, quelques monuments construits dans le même style pour église ou mairie. La population est très accueillante et serviable avec les plaisanciers de plus en plus nombreux.  

   

Le lieu favori des plaisanciers reste le  » Café Sport » fondé par Peter. C’est un endroit incontournable pour boire une bière ou y prendre un repas. Quelques célèbres navires y ont laissé leurs fanions. 

 
Peter est une institution: rendez vous des marins, boutique et aussi musée de collection de « scrimshaw » des Açores (sculpture très fine sur ivoire de baleines). 

 
Mais pas de place pour tout le monde chez Peter, alors restent môles, quais, jetées et murs pour laisser l’empreinte de son passage en peintures: dessins abstraits, bateaux, cartes, pavillons, bandes dessinées….grafités par des marins du monde entier. La tradition a pris une telle ampleur que cela est devenu un « porte bonheur » d’y laisser sa trace.  

 
N’ayant pas retrouvé l’empreinte du premier passage d’India Trane en juin 2009 ( avec cependant toutes les précisions de son emplacement) nous avons réussi dans une petite trouée de ciel gris clair le jeudi matin et avant les grosses pluies de l’après-midi à peindre notre marque de passage. 

 
Les peintures s’érodent vite avec le temps et les passages. Alors, si vous y êtes déjà venus, dites nous ( TARA, Charlotte ou d’autres…) où vous aviez peint…nous irons les voir et y donner un « coup de jeune » éventuellement.

Depuis que nous sommes là, impossible de voir le Pico, volcan de l’île à quelques milles en face. La météo est tout simplement infecte: vent fort ou nul et/ou pluie, brume, brouillard qui nous empêchent tous projets: rester et visiter l’île ou partir rejoindre notre France…, car nous avons maintenant hâte. Nous ne ferons pas d’imprudence et resterons vigilants à l’écoute du routeur et de nos intuitions mais, bien sûr, nous vous dirons tout…  

  

Traversée de l’Atlantique-retour-Açores.

Finie la cour de récréation, les îles, les beaux mouillages, les bains délicieux, les copains…nous entrons maintenant dans le grand désert bleu de l’Atlantique, seuls et isolés sur cette immense étendue d’eau, avec la dureté de la mer et tout le respect que l’on lui doit et toujours ce vent d’Est, en plein dans le nez…

Nous partons donc de Tortola tous les deux, Jean-philippe et moi le 14 mai à 14h avec la protection de la Bonne Mère (merci Cathy A qui nous a envoyé une photo de Marseille juste comme nous partions, c’est un bon signe) et nous quittons donc la mer des Caraïbes en fin de journée, après avoir franchi la barrière de corail d’Anégada.

Voilà mon journal de bord simplifié, je reporte quotidiennement ci-dessous les menus et aussi synthèse des parcours, vitesses, vents, températures..

5 Jours de près: 14, 15, 16, 17, 18 mai.. , 40/50° du vent

Vent d’Est, 15/20 nœuds. 2 ris dans la grand-voile et génois entier ou mi-roulé (la nuit). Franc soleil. Descente progressive des températures de l’air et de l’eau.(synthèse)

Le plus fatigant est la gîte qui nécessite de chercher l’équilibre et la verticale en permanence, car en plus nous dansons sur les vagues, même si la mer est belle, il y a 1 à 2 mètres de creux.

Le plus compliqué à gérer est l’énergie : il y a assez de vent pour naviguer à la voile bien sûr, mais le groupe froid et le pilote sont énergivores. Alors faire tourner le moteur ou le groupe à la gîte…ce n’est pas toujours recommandé, mais il faut le faire!

Le plus difficile est de faire la cuisine: ça bouge, ça saute…dans des mouvements imprévisibles! Et puis, le bateau est peu aéré, tous les hublots sont fermés à cause des paquets de mer qui arrosent bien…

Le plus frustrant est de contempler la mer sans pouvoir y faire un plongeon…

Le plus grisant est la propulsion et la vitesse du bateau.

Le plus agréable est la position couchée et calée dans tous les coussins pour dormir (oh là, nous sommes bien bercés, encore faut il arriver à dormir dans des nuits bien saucissonnées par les quarts) ou assise pour discuter, lire, jouer, écrire, rêver en regardant la mer, les couchers de soleil ….                                    Mais ce sont 5 jours de navigation formidable avec un très beau temps. 

  
Le vent, ça s’en va et ça revient…comme dans la chanson:

19 mai: répit: peu de vent, mer belle à agitée, moteur l’après midi, puis 3h la nuit il fait doux. Nous pensons à la pêche mais d’abord, il faut démêler les lignes….

20 mai: belle mer, soleil, vent 12/18noeuds Sud, spi…ouahou, super, mais il se mettra vite en cocotier, alors, on range tout!

Et le 21, on redéballe pour tout étaler, bien plier dans la chaussette à spi: ça demande énergie et grand calme….car ranger un spi de 110m2 sur une petite longueur disponible dans le bateau: quel sport surtout bien secoués vent arrière 15 nœuds.

Le 22, pouah, ciel gris, au près, vent dans le nez E/NE 20 nœuds, mer agitée…et en l’espace de 2h, la magie opère: pétole… moteur…!!

Le 23, journée de « grande grâce »: pas de vent, beau soleil, mer belle. Intrépide, je saute à l’eau et ne risque pas de toucher le fond à 5000 mètres. Dans la nuit, le vent revient, allez hop, les voiles…

Le matin du 24 le frais se fait sentir. Il fait moins beau, peu dormi…mais on file à 5/7 nœuds. Je vais tenter une sieste, pendant que JPh tente la pêche tout en surveillant les cuissons de 2 pains et d’un fondant au chocolat… Mais voilà que tout arrive, un joli thon de 3,3kg pris avec le leurre le plus moche ( déjà mangé par un de ses copains et rafistolé avec des brins de laine rouge, merci Hervé). Alors là, nous allons commencer des repas au thon cuisiné de toutes les façons…le soir même: ti-punch comme il se doit avec thon cru en apéro puis dîner avec tranches de thon grillées, au clair de pleine lune…divin! Nous prenons nos quarts de surveillance (chacun 2h) sous une nuit magnifique et un ciel bien étoilé.

Le 25, nous arrivons sur le way-point du routeur, pas facile car on est toujours au près..il fait plus frais, vent 10/15 nœuds. Et puis mauvaise nouvelle, le routeur nous annonce une forte dépression sur les Açores dans 5 jours. Mon optimisme me dit que ça a le temps de changer…. 

 
Le 26, temps superbe, vent SE 4 nds..incroyable, on nous annonce une dépression… mer d’huile ce qui nous permet de voir des tas de choses sur l’eau: grosses comme des oranges, des méduses avec une sorte d’ampoule/voile bordée d’un feston rose qui flottent, coulent sous notre vague d’étrave, se redressent….elles ont des tentacules bleues pas très longues… Passent aussi un peu plus loin(c’est rassurant) deux gros cachalots et aussi des tortues qui restent en surface puis un banc de dauphins qui passent sur notre arrière juste quand je remontais d’un petit bain (JPh n’aime pas trop mes plouf en mer…mais il accepte de stopper le bateau). Le beau temps, c’est bien mais avec un peu de vent, ce serait mieux car nous voyons la jauge de gasoil descendre….mais le routeur persiste et nous fait descendre plus au sud pour ne pas prendre la dépression trop fortement!!!

Le 27, retour d’un vent frais W arrière. Nous rencontrons un autre bateau Cajou, parti de Guadeloupe le 18 juin. Ah, il n’a pas fait tout ce détour comme nous! JPh pétrit deux pains. Hier et aujourd’hui nous avons des couchers de soleil rose magnifiques…qu’est ce que ça veut dire, du vent?  

  Le 28, vent arrière 10/12 nds grand voile et génois en restant à 150° du vent, (pas d’empannage incontrôlé grâce au frein de baume, mais le génois doit donner au maximum). Nous prenons encore nos repas dehors, mais toujours bien couverts.Nous empannons avant la nuit pour ne pas trop nous éloigner du way-point. JPh a toujours des soucis pour enclencher la marche avant du moteur et il commence à bricoler…

Le 29, le vent commence à monter 15/18 nds, en nous réservant un magnifique lever du soleil. Nous sommes grand largue et avançons bien à 5/6 nds sous grand voile avec un puis deux ris. Cette allure est agréable pour faire nos réserves en prévision du gros temps: encore deux pains et un gros tupperware de riz!!! Impossible de mettre le moteur marche avant, JPh passe beaucoup de temps à chercher le fonctionnement de la manette, il craint un problème d’inverseur. Nous entamons notre troisième semaine de mer, sera t- elle aussi bonne que les précédentes? 

 
Le 30, oh lala ça y est la voilà, cette dépression…nous avons fait un grand détour pour l’éviter mais elle vient nous voir avec ses 25 nds de vent et une houle qui se forme de plus en plus. Nous affalons la grand voile au petit matin pour mettre un bout de génois qui nous tire à 6 noeuds. Nous restons calfeutrés à l’intérieur, c’est le premier jour où je reste dans la cabine. Coup de téléphone de Patrice Quesnel, parti de Guadeloupe le 24, le veinard, il profite encore d’une bonne navigation au chaud! 

Le 31 le vent est moins fort mais la mer est très forte avec une longue houle (des montagnes russes), elle nous cogne, nous balance, nous fait faire des bons en nous prenant sur le côté…sans compter le bruit!! Le matin, je n’essaie même pas de me faire du thé: deux tasses de lait froid feront l’affaire avec quelques tartines. Depuis hier, nous prenons tous nos repas à l’intérieur. Dans le bateau, c’est un vacarme épouvantable. J’arrive cependant à broder un bavoir pour Ange pendant que JPh continue à essayer de comprendre et s’enfile dans la trappe au bout de la couchette arrière, sous la commande moteur ( il n’y a que lui pour rentrer là-dedans) ….il ne trouve pas d’explication. Il met le groupe en route dehors pour recharger les batteries. Un cargo vient nous voir à un mille. Nous prenons une douche dans l’après midi, c’est bon mais pas du tout facile!! Nous gardons le génois seul mi-roulé pour la nuit. Nous gîtons beaucoup avec des vagues de 4 à 5m, c’est impressionnant, mais nous sommes en confiance.

Le 1° juin, catastrophe, le routeur nous annonce une forte dépression avec vent redoublant de force: 25/35noeuds pour samedi. Nous sommes doublement soucieux: gros vent et pas de moteur. Nous ne serons pas manœuvrants pour l’entrée de port!! Mais, après sa sieste du matin, JPh a l’idée de débrancher la commande à distance d’embrayage et ça marche….en position avant et sans possibilité de passer en marche arrière. Il pense donc que ce n’est pas un problème d’inverseur mais de manette, sans doute moins grave, ouf, on verra cela à Horta. Pendant ce temps le vent est très changeant de 18 à 8 nœuds. Nous profitons du moteur pour remonter (se mettre bout au vent), mettre la grand voile (avec 3 ris, par prudence) et bien avancer (avec des pointes à + de 8 nds). La mer est toujours très formée mais alors qu’est ce qu’elle nous chahute…quant au vent, il continue toute la journée, il va, il vient..sous un ciel parfaitement gris et une température bien fraîche. Ah, il faut vraiment avoir envie de rentrer….

Le 2, en me réveillant…pouha, gris, humide, il fait 18°, l’eau est à 17°, la mer est encore très agitée et noire. Quand je vais dehors, je me cogne partout et rentre saupoudrée de sel fin… ça donne envie de se remettre sous les draps! Mais le baromètre reste stable et puis: on avance, on avance, on avance..comme le dit la chanson ( je pense à Fanfanette qui associe des airs à toutes les situations..). On trace 6/7 nœuds, avec des vagues énormes de côté, à l’arrière ou ..par dessus! Oui, on a hâte d’arriver, dimanche ou lundi. Je m’occupe en faisant un tableau des relevés quotidiens: températures, distances, vitesses, vent…JPh reprend mon « tableau-cochon » en magnifique synthèse Excel. Le vent tourne un peu, nous voilà vent arrière, même vitesse. Le chahut est donc plus fort, pas facile pour les tâches quotidiennes, vivre, cuisiner, prendre sa douche…mais pourtant, nous approchons et je m’applique à améliorer les boîtes de conserve. Je cuis les dernières pommes de terre et du bon pain, nous n’avons plus ni fruits ou légumes frais, ni bière, mais du bon jambon et du cheddar bien avancé…!

Le 3, avons une pensée pour notre grand Alexandre.. Merci pour ton coup de téléphone-Irridium, nous aurons beaucoup d’autres occasions pour t’arroser dans l’année à venir. Ici après une nuit très ballottante, la mer a bleui mode bleu nuit et pas du tout mode turquoise ( elle est ce matin à 15,5°, brrrrr). Nous commençons à trouver le temps long et en avons marre de cette mer énOOOrme. Avant le dîner, nous enlevons la grand voile, nous sommes pressés de rentrer mais 9 nœuds sur cette mer folle et hachée, c’est trop.. (Il y a 20/30noeuds de vent ). Donc, filer à 6 nœuds, grand largue, nous serons encore bien secoués cette nuit!!! Une bande de dauphins viennent nous encourager….

Nuit du 3/4: quelle nuit noire et épouvantable. India ressemble à un gros shaker dans des montagnes russe(30 à 35 nœuds de vent, un bon force 7), un vent glacial qui siffle fortement dans la mâture ..le bateau résiste bien en faisant des bonds, mais les vagues se fracassent contre la coque et sur le pont, tout saute et roule! JPh a réduit le génois par 3 fois, il nous reste un petit mouchoir et avançons à 6 nds, c’est rapide ( j’ai réussi à tourner une petite vidéo). Évidemment, dormir, ce n’est pas le rêve, même coincée dans les coussins. Moi qui pensais que l’anticyclone des Açores, c’était « cool et peinard »….. mais il est où ce feignant? La dépression ne monte pas très vite vers le nord. Ah, depuis 3 jours, elle nous aime et reste avec nous! 

Pour cette journée du 4 juin, on annonce encore très fort avec accalmie demain: ce serait bien pour notre arrivée. Donc les activités sont réduites, j’écris, calée. Il est nécessaire de se protéger et de bouger le moins possible, nous titubons, glissons, sautons, luttons contre les mouvements brusques du bateau pour garder notre équilibre. On a d’ailleurs quelques beaux bleus!!! Et quel tapage, ça chahute dans tous les placards, même la chaîne dans la baille à mouillage, le vent siffle…Nous surveillons avec l’AIS et passons un peu le nez dehors, mais brrr, il fait 15°, la mer est descendue incroyablement à 13°, nous avons froid aux pieds. Dans le bateau, nous restons très couverts…non, non, ce n’est plus le jardin d’Eden!!! Cette nuit du 4 a été glaciale, beau ciel étoilé, mais pas moyen d’en profiter: il fait froid, le vent siffle et la grosse mer est « arrosante »: « in tin de mèèèrde »….mais grosse récompense, au petit jour , on voit les îles, ça y est:  , on arrive ce dimanche 5 juin.

Difficile de trouver une place au port, nous ne sommes pas très manœuvrants, la capitainerie ne répond pas, il est 12h30…c’est l’heure du déjeuner dominical! Finalement de gentils Français (il y en a plein le port) nous aident à nous mettre à couple devant le gasoil et nous aideront à changer de place 2h plus tard, après que je sois passée faire les formalités et obtenir une place à couple d’un bateau Finlandais pas très heureux de nous voir arriver, mais le port est bourré!! La journée passera vite, se reposer, trier notre courrier, appeler les très proches et se coucher tôt. La bière chez Peter? Ce sera pour demain. 

 
  Le 5, nous avons fait une très grosse nuit, malgré qu’un Bavaria 50 bruyant se soit mis à couple à minuit. Heureux d’être arrivés hier, car aujourd’hui nouvelle dépression: ça souffle, ça siffle, le ciel est gris sombre, très bas, on ne voit pas le bout du quai, il y a des « moutons » dans le port…..et il pleut! Les températures se sont bien dégradées en trois semaines.!!! La toilette extérieure d’India est bien avancée.

Jean-Philippe va relever la messagerie, merci à vous tous de votre fidélité et de vos encouragements qui nous touchent et continuent à nous porter énormément. Merci Mr Catalan, nous sommes fiers avec vous d’India Trane que nous continuons à chouchouter. Un mécanicien repassera demain pour la manette commande-moteur.